Quand je me lance dans les études de psychologie, j’ai un objectif, un seul, devenir Psychologue pour guérir les gens de ce qui les ronge au plus profond d’eux-mêmes et les empêche de se ressentir au présent. Seulement, je me rends très vite compte que le travail du Psychologue est très éloigné de ce processus de guérison et que mes idées sur sa fonction ne sont qu’utopie et fable.
Je réalise très vite, lors de mes expériences professionnelles, que le travail du Psychologue est tout autre chose, il est d’apprendre à l’Autre, au cours d’un accompagnement plus ou moins long, plus ou moins chaotique, à nommer et à vivre avec les maux qui le touchent au quotidien.
Je ne suis pas une « guérisseuse », comme j’aurais pu le croire plus jeune, mais une accompagnatrice dans la recherche d’un bien être intérieur.
Bien sûr, parfois cet accompagnement ne permet pas à l’Autre de comprendre et d’apprendre sur lui, mais quand cet accompagnement EST et qu’il fonctionne, quel soulagement et apaisement pour le patient.
Ma vision de la Psychothérapie s’est donc éloignée progressivement des théories que j’ai pu apprendre lors de mes années d’études. Pour moi, la relation thérapeutique doit être un lieu d’échanges à part entière. Comme je le dis souvent à mes nouveaux patients, quand ils débutent un travail au sein de mon cabinet, c’est un travail à deux, je marche sur le même chemin et je ne peux pas concevoir de les laisser sur celui-ci en les observant de loin. Je suis donc pleinement avec eux dans ce travail et progressivement je m’éloigne quand je les ressens prêts à vivre sans « les bretelles de leur passé».