A propos de la « Dépression »

Les Français plus grands consommateurs d’antidépresseurs !

Que cela vous inspire-t-il ?

Pour ma part, une grande désolation.

Depuis plusieurs années maintenant, une personne se sentant triste, fatiguée et angoissée passe par la case “dépression”.

Il est très réducteur de parler ainsi, mais c’est pourtant ce qu’il m’est donné de voir tous les jours dans ma pratique. Je ne compte plus le nombre de patients qui viennent m’interpeller parce que leur médecin leur a dit qu’ils souffraient de dépression. Ces professionnels leur ont assuré qu’un traitement adéquat pourraient les “sauver”.

Dépassée, agacée et irritée par ses agissements, je tiens à hurler mon mécontentement et l’urgence pour les professionnels soignants de mesurer leur propos. Toute personne triste et fatiguée par sa vie n’est pas forcément et irrémédiablement malade dépressive. L’abus de certains médecins dans la prescription d’anxiolytiques, d’antidépresseurs ou d’autres médications sévères doit être réprimé et réprimandé. Nombres d’entre eux créent des dépendances qui sont souvent plus difficiles à traiter que l’état Psychique du patient au départ.

Je suis convaincue que chaque professionnel à sa place dans l’aide aux malades mais attention aux abus et à la facilité. Je dirais donc chacun à sa place et une place pour chacun.

Certes, les médecins sont confrontés à une demande croissante de la part de leurs patients de suivre un traitement afin de se sentir mieux dans leur vie. Mais ils doivent pouvoir ressentir ce besoin et réussir à l’interpréter comme il se doit. Souvent, l’individu est rassuré de parler à quelqu’un qu’il connaît, en qui il a confiance et à qui il prête un certain savoir. Il faut donc pouvoir lire entre les lignes et ne pas tomber dans des mécanismes rituels du « bon docteur » qui va indiquer une « belle prescription » qui soignera son patient. Toutes les maladies ne sont simplement pas curables par l’intermédiaire de médicaments. Ne sous-estimez jamais la puissance du Psychisme!

Au médecin donc de conseiller l’aide d’un professionnel et d’indiquer tous les risques liés à la prise d’une médication contre la tristesse, l’angoisse ou la dépression. Aucune prise en charge médicamenteuse n’est anodine, il faut pouvoir parler des risques de dépendances, des effets d’euphorie qui peuvent être provoqués par ces médicaments. Ces effets peuvent masquer, quand les doses sont trop élevées, tout sentiment négatif. Masquer le problème n’est certainement pas le traiter. A la fin de la prise du traitement, si aucun travail thérapeutique n’a été mis en place, les symptômes referont leur apparition et parfois seront plus ancrés et plus virulents qu’au début du sentiment de mal être.

N’ayez pas peur de chercher à contacter un Psychologue ou un Psychothérapeute. Ils sauront vous accompagner et si la médication semble opportune ils n’hésiteront pas à vous adresser à votre médecin ou à un spécialiste Psychiatre.

Mais soyez certains que la simple pensée qu’un médicament peut vous guérir est une aberration, une « illusion occidentale ». Le traitement du malaise psychologique ne peut passer que par son acceptation et un travail de fond afin de découvrir les causes de cet état.

Enfin, je tiens encore à souligner qu’un individu sain n’est pas quelqu’un qui va toujours bien, qui positive sur tout et en tout point. L’angoisse, la tristesse ou la colère sont autant d’affects qui font partie de la Vie, il faut en accepter les tenants et les aboutissants, sans en avoir peur. Il n’y a pas toujours à chercher un nom sur tel ou tel état mental, accepter que l’on puisse ne pas aller bien à un moment donné ne veut pas dire que cet état sera permanent. Il me paraît plus sain qu’une personne évoque ses joies mais également ses peines, ses doutes, etc…, plutôt que de cacher tout cela sous un masque de positivité.

CHACUN A LE DROIT DE SE SENTIR MAL SANS QUE CELA SOIT DE NATURE PATHOLOGIQUE !