Les enfants ou les adolescents vont rarement de leur propre chef vous dire « Maman, Papa, je veux aller voir un psy ! ». Alors, la première des choses à faire, si vous sentez que quelque chose ne va pas, parlez avec eux et ne les forcez pas à s’expliquer mais communiquez. Demandez-leur si quelque chose les tracasse, s’ils ont peur ou s’ils se sentent tristes. Si malgré vos efforts rien ne se passe, ne culpabilisez pas, et proposez-leur de voir quelqu’un qui pourra les écouter et qui gardera secret ce qu’ils ont à dire. Il est souvent bien plus simple de parler à un inconnu qu’à sa propre famille, de peur de ne pas être compris ou de peur d’être jugé. Il est important de leur rappeler que tout ce qui se dit dans le bureau, du ou de la psy, est confidentiel. En général cela les rassure et leur permet de dire oui à un premier entretien, “enfin…pour une seule rencontre, juste pour voir”.
Gardez en mémoire que la fonction de Psychologue n’est pas encore bien appréciée par nos sociétés modernes et que souvent, “aller voir un Psy” signifie être fou. Alors mettez des mots sur nos fonctions.

Pour la thérapie individuelle avec un enfant ou un adolescent, j’utilise des médiateurs pour pouvoir aller à leur rencontre. Cela peut être par le biais du jeu, du dessin, de lecture, etc. Mais bien sûr on ne joue plus à l’adolescence, je m’efforce donc de me tenir informée des nouvelles technologies, des dernières applications des « web phone », des dernières séries, etc. tout ce qui entoure le jeune et tout ce qui fait qu’il est lui ! L’enfant et l’adolescent ont besoin de se sentir à l’aise et compris. Enfin, je tente de ne pas me situer dans une sorte d’interrogatoire. Rien de pire pour des jeunes que de se sentir « fliquer » comme ils le disent. Je les laisse venir et en général ils apprécient. Il faut garder à l’esprit que la thérapie, quelle qu’elle soit d’ailleurs, est une prise de conscience de la part du patient que quelque chose n’est plus supportable et qu’il faut agir. Il se met au travail pour sa propre finalité. Je suis un moyen de trouver ce que sera celle-ci.La fréquence des entretiens individuels est à définir lors des premières rencontres en accord avec l’enfant ou l’adolescent et les parents.

Quand la relation duelle n’est pas ou plus possible, j’utilise un tout au cadre de travail qui se trouve être l’atelier thérapeutique. Souvent, chez certains patients, se retrouver face à d’autres personnes en difficulté, pouvoir échanger par la parole, par le jeu ou tout autre objet de médiation, permet de dévoiler plus qu’il n’y paraît. Je suis convaincue qu’il n’existe pas une seule façon de gérer les choses et que c’est par la multiplicité des lieux thérapeutiques que chacun peut trouver son chemin. Dans tous les cas, je travaille ainsi.

A partir de différentes problématiques psychologiques auxquelles j’ai pu être confrontée, j’ai pu mettre en place : un atelier Conte pour les 5-6 ans, un atelier Marionnettes pour les 8-9ans, un atelier « Graf » et « Mangas » pour les plus de 11 ans. Ces ateliers ont pour but de mettre en scène leur souffrance. Ils permettent une libre expression par des outils médiateurs. Ces jeunes patients n’ont donc pas l’impression de se dévoiler et ils s’autorisent à participer aux échanges au sein du groupe. De plus, il m’est apparu qu’ils pouvaient être, parfois, de bons thérapeutes entre eux. On assiste souvent à des interactions qui leur permettent de mettre à jour des souffrances enfouies au plus profond d’eux-mêmes. Les ateliers ont lieu toutes les semaines.

Quand j’estime qu’il serait bon de parler aux parents de ce qu’un enfant ou un adolescent évoque au sein du cadre thérapeutique, je lui demande son autorisation pour l’évoquer et lui explique, quand il ne veut pas, l’intérêt d’en parler au sein du groupe familial. Aussi, à chaque fin de séance, j’essaie de prendre un moment afin de donner des pistes de réflexions à la Famille. Je suis convaincue que le travail doit se faire aussi avec les parents afin que le suivi thérapeutique soit véritablement libérateur. Les différentes prises en charge ont un seul point commun, la confidentialité de ce qui se passe en séance.